Artistes installés et nouvelles figures montantes
Marie-Jo Lafontaine : couleur, abstraction, et matière
Reconnue pour ses vastes compositions colorées aux limites de l’abstraction, Marie-Jo Lafontaine, installée entre Metz et Bruxelles, s’intéresse à la temporalité du geste pictural. Elle a notamment exposé au Centre Pompidou-Metz et ses œuvres figurent dans la collection du Musée de La Cour d’Or. Son travail fait la part belle à la couleur pure, utilisée comme matière première, dans des formats monumentaux ou sur feuille. En 2022, sa série « Vibrations lorraines » a été remarquée pour ses références à la palette minérale de la région (source : Centre Pompidou-Metz, exposition « L’Écho des couleurs »).
Erik Dietman : la subversion poétique
Originaire de la ville, Erik Dietman (1937-2002), s’il a terminé sa carrière sur la scène suédoise contemporaine, laisse encore une empreinte profonde à Metz. Ses œuvres sont exposées régulièrement lors de rétrospectives (voir la dernière au Frac Lorraine, 2022). Dessin, peinture, installation : Dietman revendique une pratique subversive, humoristique, souvent déroutante, où la frontière entre peinture et sculpture est toujours interrogée. Il a inspiré plusieurs jeunes artistes messins qui revendiquent aujourd’hui l’héritage d’une Lorraine irrévérencieuse dans leurs créations.
Laurence Demaison : l’ombre et le geste
Si Laurence Demaison est aujourd’hui reconnue en France, elle s’est formée à Metz avant d’y revenir régulièrement pour exposer. Sa pratique picturale récente explore l’autoportrait et l’abstraction lyrique, mêlant photographie, lavis et acrylique. Son exposition « Traversée » à la Galerie Octave Cowbell en 2023 a marqué le public messin par la dimension introspective et la force des noirs profonds.
Anita Molinero : entre espace public et galerie
Détentrice d’un atelier à Borny, Anita Molinero s’intéresse autant à l’espace public qu’à l’espace intime. Si elle est surtout connue pour ses sculptures, ses récents travaux sur toile et panneaux récupérés (exposés à l’ESAL en 2023) offrent un regard neuf sur la ville industrielle. Parcours emblématique d’une création aux frontières mouvantes, elle a contribué à dynamiser le réseau local.
Amélie Joos, la jeune garde
Diplômée de l’ÉSAL en 2019, Amélie Joos a percé sur la scène nationale grâce à ses œuvres empruntant au street art et à la figuration narrative. Son « carnet mural » sur la façade de l’ancienne caserne de Lattre de Tassigny (projet mené en 2021) a fédéré de nombreux habitants. Elle s’est illustrée en 2023 lors de la Nuit Blanche messine, où elle a présenté des performances picturales en direct.
- Amélie Joos fait partie des artistes soutenus par la Fondation François Schneider, preuve du rayonnement croissant des jeunes plasticiens messins.
Adrien Gœtz : figuration et mémoire urbaine
Membre du collectif « Urbanismus », Adrien Gœtz peint la ville de Metz telle qu’elle change, la nuit, dans la lumière de ses chantiers ou sous l’éclat des ponts de la Moselle. Ses toiles, où dominent bleu nuit et ocre industriel, sont exposées régulièrement à la Galerie Double Séjour (2022, 2023). Son engagement auprès de l’association Art Rue témoigne de la volonté des artistes messins d’ancrer leurs œuvres dans la réalité sociale.