Plongée fascinante au cœur de la cathédrale Saint-Étienne de Metz

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21/11/2025

L’écrin gothique messin : un chef-d'œuvre à ne pas survoler

Impossible de traverser Metz sans être saisi par l’élan vertical et lumineux de la cathédrale Saint-Étienne. Quatrième plus haute cathédrale de France après Amiens, Beauvais et Rouen (La flèche sud culmine à 93 mètres), surnommée « la Lanterne du Bon Dieu », elle déploie 6 500 m² de vitraux, un record national (Patrimoine-Histoire). Pourtant, bien trop de visiteurs pressés ne voient qu’une part de l’édifice. Voici comment ne rien manquer de cette perle gothique.

Entrée, horaires, et accès : bien préparer sa visite

  • Adresse : Place d’Armes, 57000 Metz
  • Ouverture : Tous les jours, de 8h à 18h (dernière entrée à 17h45). Les horaires peuvent varier durant les offices ou événements exceptionnels (consulter le site officiel de la cathédrale : metz-cathedrale.fr).
  • Entrée : Gratuite. Pour les visites guidées ou accès à la crypte, participation demandée (environ 5 €/adulte, tarifs groupes spéciaux).
  • Accès : À pied du centre historique, à 10 minutes de la gare TGV. Stationnements Place d’Armes ou Parking Saint-Jacques à proximité immédiate.

Organisation de la visite : un itinéraire intelligemment orchestré

  1. La façade occidentale : Premier contact, elle s’impose par sa profusion de décors sculptés, restaurés au XIXe siècle après les ravages de la Révolution. Scrutez les tympans : à l’ouest la vie de saint Étienne, patron de la cathédrale.
  2. Le portail de la vierge de l’Apocalypse : Côté sud, il offre le plus grand portail gothique flamboyant de France, orné de scènes saisissantes notamment l’incontournable Dormition de la Vierge.
  3. Nef et élévation : Dès l’entrée, laissez-vous impressionner par la hauteur vertigineuse de la nef : 41,41 m sous voûte, un exploit du XIIe et XIIIe siècle, dépassé en France seulement par Beauvais.
  4. Le transept nord et la grande rosace : Levez les yeux : la rosace d’Eugène Hucher (1880) irradie près de 10 m de diamètre, tandis qu’en contrebas les reliefs sculptés témoignent de l’influence rémoise sur le chantier lorrain.
  5. L’autel majeur et le chœur : Approchez pour admirer le baldaquin néoclassique (1764), déplacé là lors de la Révolution ; le maître-autel d’origine ayant disparu.
  6. Le trésor et la chapelle du Saint-Sacrement : Accessible lors des visites guidées : pièces d’orfèvrerie, manuscrits précieux, reliques médiévales – dont un clou dit « de la Croix du Christ ».
  7. La crypte archéologique : Pour les férus d’histoire, explorez la crypte révélée en 1971 (visite sur réservation) : y sont conservés des vestiges d’édifices antérieurs et des sarcophages mérovingiens.

Les vitraux : l’odyssée de la lumière, de l’époque gothique à Chagall

Véritable encyclopédie de la verrerie monumentale, la cathédrale recèle des vitraux allant du XIVe au XXe siècle.

  • Vitraux médiévaux (XIVe-XVIe) : Dans l’abside et la chapelle du Saint-Sacrement, les figures élancées de saints, œuvres des ateliers messins, témoignent de la maîtrise locale du verre translucide.
  • Vitraux XIXe, XXe :
    • Ferdinand Sigismond von Stuck et Valentin Bousch : Rénovations/restaurations intégrées en respectant la tradition messine.
    • Jacques Villon, Roger Bissière (XXe) : En 1957, l’État français confie à Villon l’immense baie sud du transept : son style cubiste anime la lumière du chœur. Bissière, dans la nef et la rosace sud, propose des motifs méditatifs, rares exemples d’abstraction dans la pierre gothique.
    • Marc Chagall : Trois baies, chapelle d’axe et croisillon nord : bleu profond, éclats rouge et vert, mosaïque d’anges et de prophètes, réalisées de 1958 à 1974. Chagall, alors octogénaire, décrira Metz comme « la ville la plus lumineuse d’Europe ».

Pour ne rien manquer, n’hésitez pas à demander ou télécharger le plan détaillé des vitraux sur place (Arsenal Metz) ou l’application numérique dédiée.

Anecdotes et secrets d’architectures méconnus

  • Les traces du Moyen Âge : Certaines pierres de taille de l’édifice conservent gravés des jeux de morpion, vestiges des tailleurs de pierre s’amusant pendant les pauses (visibles dans le transept sud).
  • La lanterne du bon Dieu : Plus de 225 verrières, une concentration exceptionnelle qui vaut à la cathédrale son surnom.
  • La cathédrale inachevée : Le projet d’un second clocher, au nord, abandonné au XVIIIe siècle, explique l’asymétrie des tours (façade occidentale).
  • La dalle énigmatique : Au sol près de la Croix, la « dalle de la Licorne » intrigue. Selon la légende locale, elle protégerait un souterrain inexploré reliant la cathédrale à la colline Sainte-Croix.
  • L’orgue de 1847 : Chef-d’œuvre de Joseph Merklin, près de 6500 tuyaux, restauré en 1982, considéré comme l’un des trois plus grands orgues de France (source : musicologie.org).

Conseils pratiques et astuces pour une exploration optimale

ConseilPourquoi c’est utile ?
Visiter tôt le matin ou en fin de journée Lumière idéale pour les vitraux, tranquillité assurée ; les groupes scolaires arrivent généralement entre 10h et 15h.
Eviter le dimanche matin Nombreux offices, accès à certaines chapelles restreint.
Participer à une visite guidée Infos inédites : accès aux cryptes, anecdotes, décryptage iconographique pointu. Office du tourisme ou Association Culturelle de la Cathédrale.
Observer la cathédrale à la nuit tombée L’éclairage met en valeur la pierre jaune de Jaumont. Photographies spectaculaires depuis la Place d’Armes ou la colline de Sainte-Croix.
Télécharger l’audioguide officiel Disponible en plusieurs langues sur smartphone, notamment sur izi.travel.

Pour aller plus loin : la cathédrale dans la ville, conseils de parcours connexes

  • Le marché couvert : À 100 mètres de la cathédrale. Ancien palais épiscopal, il propose fromages, spécialités lorraines et street food locale.
  • Le musée de la Cour d’Or : À 7 minutes à pied. Collections gallo-romaines et médiévales, idéal pour plonger dans l’histoire urbaine, de Divodurum à Metz-capitale carolingienne.
  • Place d’Armes : Outre la perspective sur la cathédrale, architecture XVIIIe marquante due à l’architecte Blondel.

Perspectives et suggestions de parcours hors des sentiers battus

Découvrir la cathédrale Saint-Étienne, c’est ouvrir un livre de pierre et de lumière dont chaque page réserve des surprises insoupçonnées. Que l’on soit amateur d’histoire, passionné d’art, ou simple flâneur curieux, chaque recoin mérite l’attention et la patience. La cathédrale ne se dévoile pas en une seule visite : revenez lors d’un office d’orgue, ou profitez des journées du patrimoine pour accéder aux toits et échafaudages, perspectives insolites sur la ville et la Moselle.

Le quartier cathédral étant au cœur de l’ancien Metz, il est recommandé de prolonger l’exploration par un circuit piéton : Place Saint-Louis, ruelles piétonnes du Moyen Pont, ou promenade nocturne dans les anciens remparts. Pour préparer votre visite, le site officiel (metz-cathedrale.fr), l’Office de Tourisme et les brochures historiques disponibles in situ restent d’excellents compléments.

Pour les amoureux de patrimoine vivant – et les curieux de demain – la cathédrale montre que Metz est toujours debout : à la fois gardienne du passé et vivier de créations contemporaines. Prenez le temps d’admirer, car ici, chaque pierre porte mémoire.

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